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Diocèse de Cahors / Nominations / Messe d’action de grâce du Père Emmanuel DELMAS

Messe d’action de grâce du Père Emmanuel DELMAS

mardi 8 juillet 2008 par Service de la Communication

Le vendredi 4 juillet, ses amis prêtres, paroissiens de Gramat ou Amadouriens se sont rassemblés autour de lui et de Mgr Norbert Turini pour rendre grâce au Seigneur et à Notre Dame de Rocamadour. Vous pouvez lire ici le mot d’accueil de Mgr Turini et l’homélie du P. Delmas.

Mot d’accueil par Mgr Turini

Emmanuel,

Je ne suis pas un adepte des adieux larmoyants et, au moment où vous allez partir vers une « terre nouvelle », je veux surtout souligner le bonheur et la joie que j’ai eu de partager avec vous, depuis trois ans, mon ministère épiscopal.

• Bouillonnant, je le suis, calme vous l’êtes.

• Impatient et pressé que les choses avancent vite, j’expérimentais en vous la force tranquille du sage qui apaise et qui aide à prendre de la hauteur et du temps sur les situations, les évènements, les idées et les projets pour mieux les comprendre, bien les analyser avant de décider.

• Votre capacité d’écoute et de discrétion, votre faculté de dire en peu de mots l’essentiel au méridional plutôt loquace que je suis, m’ont été une aide précieuse.

• Vous aimez les gens, Emmanuel, non pas dans l’exubérance mais avec la douceur d’une proximité attentive et soucieuse du bien de l’autre.

Bref, je trouve que le Seigneur a fait fort en réussissant l’association de nos deux tempéraments pour le service de la mission en terre lotoise.

Pris dans le tourbillon de la vie, nous ratons souvent l’occasion de dire aux gens que l’on aime, combien on tient à eux et curieusement, nous le faisons souvent au moment où ils nous quittent. Mais l’important, c’est de le faire.

Ce soir nous sommes venus nombreux, simplement pour être avec vous Emmanuel. Nous nous sommes attachés à vous comme vous vous êtes attachés à nous et, au moment où, petit à petit, vous allez vous éloigner de ce Quercy qui vous est si familier, nous voulions partager la chaleur d’une amitié, la force d’une affection, le partage d’une prière et tout simplement vous dire merci.

Le sacrement de ralliement des chrétiens, c’est l’eucharistie ou action de grâce.

Dans la foi on dit merci en rendant grâce dans le Seigneur.

Nous, vos compagnons de route et de mission : frères prêtres, diacres et évêques

• avec votre famille (et je salue affectueusement votre maman et votre papa ici présents),

• avec tous vos amis, vos paroissiens, toutes celles et ceux que vous avez croisés sur les chemins de notre église diocésaine et sur les routes du Lot.

Nous tous rassemblés, nous remercions le Seigneur de vous avoir donné comme prêtre de Son Fils au diocèse de Cahors-Rocamadour et de vous donner maintenant comme évêque au diocèse d’Angers.

Nous rendons grâce pour la richesse de votre humanité, de votre foi, et de votre amour pour tous : chacune et chacun ce soir peut en témoigner.

Avec la simplicité qui vous caractérise vous avez su inscrire dans nos cœurs la Bonne Nouvelle de Jésus Christ : parole qui fait vivre, et nous en donner le goût dans la célébration eucharistique

Tout ce que vous avez été humblement comme prêtre pour nous, vous le serez, j’en suis sûr comme évêque en terre angevine.

Cette action de grâce, c’est aussi la vôtre. Vous la célébrez dans ce sanctuaire de Rocamadour dont vous avez été chapelain et recteur et qui tient une si grande place dans votre vie sacerdotale comme dans celle de notre église diocésaine.

Je sais que vous souhaitez dire Merci au Seigneur pour tout ce que vous avez reçu

• de votre famille,

• de cette terre quercynoise,

• de toutes les rencontres, des centaines de cœurs et de visages que vous avez croisés,

• de notre famille diocésaine que vous avez servi, où votre foi a grandi et mûri.

Vous avez découvert chez nous, une merveille à chaque pas. Tout cela c’est cadeau du Seigneur pour vous. Vous saurez le partagez avec celles et ceux qui vous attendent comme leur nouveau pasteur.
Aimer, c’est accepter parfois de laisser partir. Permettez Emmanuel qu’au nom du Seigneur, toutes celles et ceux qui vous aiment et que vous allez quitter, vous envoie en mission là où le Seigneur vous appelle, là où d’autres vous attendent.

Alors, au moment où vous vous apprêtez à prendre le large pour un nouvel horizon, nous vous disons tous d’un seul cœur : Que le vent de l’Esprit de Pentecôte vous soit favorable ! Que Notre Dame de Rocamadour veille toujours sur vous avec une particulière affection !

Homélie du P. Delmas

Au moment de vous dire « au revoir », je veux vous exprimer ma reconnaissance. J’ai reçu tant de messages d’amitié : lettres, regards amicaux, paroles d’encouragement, de félicitations, communion de prières…. Bref beaucoup de bonheur et de joie reçus tous ces jours ci. Tout cela me touche infiniment, davantage même me confond. Mais vous savez, je comprends qu’en vérité chacun de ces témoignages me dépasse infiniment. Ce que je vous dis là, j’y crois profondément et c’est heureux qu’il en soit ainsi. En tout cas, je suis comblé d’amitié et ce sera comme autant de provisions pour répondre à l’exigeante, mais je le sais très belle mission qui m’est confiée au moment de devenir évêque d’Angers.
Pour concrétiser un peu mieux toutes ces raisons de dire merci, j’ai voulu porter un regard sur ce qui m’a été donné de vivre depuis vingt ans que je suis prêtre. Sans oublier les cinq années passées au grand séminaire et l’accueil reçu dans mes paroisses d’insertion durant les week-end. La paroisse du Sacré Cœur à Cahors puis la paroisse de Gramat. Je veux remercier les prêtres qui m’ont accueillis, qui m’ont fait participer à leur ministère avec le meilleur d’eux-mêmes. Au fond, c’est là que je me suis « éveillé » à la vie de mon diocèse. Et puis à partir de 1988, j’ai commencé à entrer pleinement dans ma vie de prêtre. D’abord à la paroisse de Gramat comme vicaire. C’était l’époque où il y a avait plusieurs prêtres au service des paroisses ; j’ai eu la chance de côtoyer plusieurs visages, plusieurs personnalités, mais, j’ai vu, chez chacun, un grand attachement à leur mission. J’ai vécu la vie commune, les temps de prière en commun, la vie paroissiale. Ensuite à la paroisse de Rocamadour où j’ai fait « mes premières armes » de curé si je puis dire. Cette responsabilité de curé, je la retrouve, en plus grand, depuis que je suis curé de Gramat. Je voudrais dire à mes paroissiens que ces longues années resteront gravées dans ma mémoire, années au cours desquelles, j’ai eu le plaisir de me voir confiées des personnes et de me savoir investi de cette responsabilité de les guider sur les chemins de l’évangile.
Et puis ce service du sanctuaire de la Vierge Noire. Je viens lui demander d’être, à sa suite, quelqu’un qui écoute : savez vous que Marie a très peu parlé ! « Sept fois », nous dit Saint Bernardin de Sienne ! Quelqu’un qui accueille : combien de personnes passent dans sa chapelle, au creux du rocher ! Quelqu’un qui est associé de si prés à l’Amour de Dieu pour l’humanité. N’est ce pas ce que nous révèlent les noces de Cana ? J’ai eu la joie de rencontrer les plus jeunes parmi les élèves de l’école sainte Hélène hier après midi. Ils voulaient savoir ce qu’était un évêque. Je leur ai parlé de ce que Jésus avait fait lorsqu’il a choisi ses apôtres, ses amis, à qui il a confié tout ce qu’il est, tout ce qu’il a reçu de son Père, pour qu’à jamais nous ne soyons séparés de lui, pour qu’il reste présent parmi nous.
Et enfin ma mission de vicaire général. Une tâche, pas toujours facile, mais qui a ceci de particulier, qu’elle m’a rendu très proche de vous, Monseigneur. Je peux dire que vous m’avez associé profondément à votre ministère en me donnant d’avoir part à vos joies et elles sont grandes, à vos épreuves aussi et je veux vous remercier de votre confiance. De votre affection aussi ! Vous prenez tellement part à ce qui m’arrive que j’en suis très touché.
Au cœur de tout cela, une grande grâce m’a été faite : celle de découvrir toute la richesse de ce grand don qu’est le sacerdoce. Puis je avouer que j’ai grandi à chaque fois que j’ai compris que le prêtre est en fait un Don du Christ à son Eglise, aux hommes. Et qu’il s’agit pour lui de mettre les qualités qu’il a reçues au service du Christ qui ne cesse de donner la vie de Dieu à tout être vivant.
Un dernier mot à l’adresse de mes parents à qui je dois beaucoup ! Ils m’ont donné la vie, ils m’ont transmis la foi et puis ils m’ont donné un prénom ! Voilà un beau cadeau que j’ai reçu avec ma naissance. Il sera, pour moi, comme un beau programme spirituel ! Emmanuel, Dieu avec nous ! Je crois que le Seigneur est avec moi, à l’heure où il m’envoie à Angers et c’est pourquoi je n’ai pas peur !

Article Rédigé par:

CEF   SDC
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