Le dialogue interreligieux, signe et condition de paix sur la Terre

Prières mensuelles pour la Paix en différentes langues, une proposition du frère Irénée, moine bénédictain de l’abbaye Notre-Dame de Tournay, lieu bien connu des lotois.

Paix à vous tous qui cherchez la paix

Nous célébrons cette année le cinquantenaire de la déclaration « Nostra Aetate », par laquelle le Concile Vatican II exprimait l’importance du dialogue avec les religions non chrétiennes : « À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée » (Notra Aetate, 1). Cinquante ans passés, ces paroles gardent une étonnante actualité et nous invitent à prier Dieu pour qu’Il bénisse ces efforts !
Notre société actuelle est caractérisée par un tel pluralisme, que chrétiens, bouddhistes, islamistes ou juifs se rencontrent souvent dans d’autres domaines, comme l’économie et la politique, les convictions religieuses sont toujours présentes, même si on ne les explicite pas ! Un mode d’existence où chaque groupe religieux n’avait que peu, voire aucune communication avec d’autres groupes, n’est plus possible ! En plus, nous sommes en face de graves problèmes mondiaux qui dépassent les frontières religieuses, comme la menace de la vie, la préservation de la planète, la guerre, le terrorisme, etc. De plus en plus, augmente la considération de l’unité de la communauté humaine, c’est-à-dire, les liens qui rassemblent les croyants du monde entier par le simple fait d’appartenir à la même communauté de vie. Avant de confesser une ou certaine religion, les croyants sont des hommes et des femmes égaux dans la même dignité et dans les mêmes droits et donc coresponsables de l’avenir de l’humanité. Comme l’a bien exprimé Amadou Hampâté Bâ (1900-1991), écrivain et historien africain : « Face aux périls du temps, les croyants des diverses religions ne peuvent plus s’offrir le luxe mortel de se dresser les uns contre les autres en de vaines polémiques, en de vaines querelles. Le temps n’est plus aux conversions systématiques, de part et d’autre, mais à la convergence » (Jésus vu par un musulman. Abidjan : EDICEF, 1995, p. 49).
Le dialogue et la coopération entre des groupes religieux divers peuvent apporter des contributions significatives pour la paix du monde. Si un groupe religieux garde déjà des valeurs et des pratiques qui aident la société à marcher vers « un plus » de justice et de paix, combien plus ils peuvent faire s’ils s’associent ! Pour cette raison, le théologien suisse Hans Küng (1928-) affirme que la paix entre les religions est une condition nécessaire à la paix mondiale.
Reprenons, comme notre prière, ce qu’a dit Saint Cyprien, évêque de Carthage au 3e siècle ( 200-258) :
« Dieu n’accepte pas le sacrifice des fauteurs de désunion, il les renvoie de l’autel pour que d’abord ils se réconcilient avec leurs frères : Dieu veut être pacifié avec des prières de paix. La plus belle oblation pour Dieu est notre paix, notre concorde, l’unité dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit de tout le peuple fidèle » (Sur la prière du Seigneur, 23).
Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães
Moine bénédictin de l’Abbaye Notre-Dame, Tournay, France, 1er juillet 2015

Qui est le frère Irénée ?
Frère Irénée Rezende Guimarães est un moine bénédictin de l’Abbaye Notre-Dame de Tournay, France. Né en 1959, à Rio Pardo (RS), Brésil, il est licencié en philosophie et théologie et docteur en sciences d’éducation, avec une thèse sur l’éducation pour la paix. Militant des droits de l’homme et du désarmement au Brésil, il s’est consacré à la résolution non-violente des conflits et à l’éducation pour la paix, notamment à la formation des éducateurs.
Atteint d’une maladie dégénérative (Sclérose Latérale Amyotrophique), qui a lui immobilisé les membres supérieurs et inférieurs, et qui l’oblige à être sous assistance respiratoire tout le temps. Il a découvert dans la prière pour la paix un chemin pour donner sa contribution à la paix du monde. Par cet engagement d’écrire chaque mois une lettre pour la paix, il partage avec tous, chrétiens et non-chrétiens, ce qui est sa passion, sa conviction et sa vocation.

Bienvenus sur le site Prier pour la Paix !

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