Décès du père Marcel Castagné

AVIS DE DECES

Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors,
les prêtres et les diacres du diocèse,
sa famille et ses amis,
vous font part du décès de

L’Abbé Marcel Castagné

survenu à Gramat
le 05 décembre 2019 à l’âge de 89 ans
et dans la 62e année de son ordination sacerdotale.

Ses funérailles ont été célébrées en l’église St Pierre de Bagnac sur Célé
le lundi 9 décembre 2019 à 15h.

Recommandons-le au Seigneur Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Vie éternelle.

Homélie du Père Florent Millet
Jour de l’Immaculée Conception :

En ce jour où nous conduisons l’abbé Castagné vers son dernier repos, il est bon d’entendre cette Parole de Dieu. Tant de fois ces Paroles ont été proclamées, commentées. Et pourtant, encore aujourd’hui et toujours, vivante, cette Parole nous invite à grandir dans la Foi et l’Espérance. Cette Parole nous redit pourquoi nous sommes là. Elle nous redit le sens de notre existence qui doit être tournée vers Dieu et vers les autres.

Cette Parole a touché le cœur de Marcel et a donné sens à sa vie. Et parce qu’il a eu le cœur brûlé par cette Parole de Dieu il a pu la transmettre à tant d’hommes et de femmes, à tant d’enfants, leur en donner le goût afin qu’eux aussi trouvent le sens de leur vie.

Quand un être cher s’en va, nous aimons plonger dans nos souvenirs et nous rappeler tout ce que nous avons vécu ensemble.

Auprès de Marcel j’ai appris à être prêtre. Fraîchement ordonné en 1998 alors que j’étais déjà à Martel, Marcel est arrivé de Bagnac avec ses lauriers roses pour devenir curé du lieu. Etant son premier et seul vicaire de toutes ces années de curé. Ce n’était pas facile pour lui de gérer un petit jeune de 40 ans de moins qui courait partout, mais j’ai beaucoup appris de sa bonté envers tous, de sa vie de prière et de sa piété pour la Vierge Marie.

Un événement qui nous a aussi beaucoup unis fut le jour où je l’ai vu rentrer de la Poste et où il m’a dit qu’il allait s’allonger car il se sentais fatigué et qu’il n’arrivait plus à tenir le courrier dans sa main. Je l’ai alors obligé à monter dans ma voiture et je l’ai emmené à l’hôpital de Brive où il a été soigné pour un AVC. J’ai aussi beaucoup appris auprès de lui sur la compassion pour les personnes âgées et malades. Il était toujours très doux et patient, peut-être cela était dû à sa petite santé (il se plaignait toujours d’un mal). La seule phrase en patois que je connaisse vient de lui lorsqu’il souffrait d’un côté ou de l’autre. Il me disait toujours : « que cal peti divini magré ». Tel un pasteur plein de bienveillance pour ses brebis il savait soutenir les uns encourager et écouter les autres…

Il aimait me raconter ses années de jeunesse à Saint Laurent Lolmie (le pays où coule le lait et le miel), à Bagnac (sa paroisse chérie) … et il était fier d’avoir été le seul prêtre du diocèse à avoir participé au Concile Vatican II. Je crois pouvoir dire ne jamais l’avoir entendu critiquer un confrère ou en être jaloux. Il aimait travailler avec tous et n’hésitait pas à aller courir avec les jeunes et les enfants à Camurac ou à Lourdes pour aider sœur Marie-Jeanne dans les camps.

Il avait un grand esprit de famille et parlait volontiers des uns et des autres, suivant leur vie et se réjouissant de les voir progresser dans la foi. Il avait bien sur une relation privilégiée avec son frère Gabriel.

Il était très fier d’avoir bien formé son vicaire comme il me disait lorsqu’il me voyait prendre des responsabilités au service de l’Eglise du Lot. Encore ces derniers temps, il aimait que je passe le voir et si cela faisait longtemps que je n’étais pas passé il demandait que l’on me dise de passer. A chaque fois que je venais, s’il était fatigué ou souffrant à mon arrivée, je le laissais rayonnant à mon départ avec des mercis qui n’en finissaient plus (comme il le faisait avec chacun de ceux qui venaient le voir). La dernière fois que je l’ai vu à Saint Céré à l’hôpital c’était pour lui donner les sacrements de la confession, des malades, et la communion. Quand je lui ai proposé il a tout de suite dit : oh oui, oh oui. Il avait dans son cœur de prêtre une grande foi, une foi joyeuse et une grande confiance en Dieu toute simple qu’il savait transmettre autour de lui. Il savait qu’il allait partir et lorsque je lui demandais s’il arrivait à prier encore un peu, il m’a montré son chapelet qu’il tenait dans la main. Animé par la Parole de Dieu il était plein d’Espérance. Nourri de l’Eucharistie il était en paix.

L’Eucharistie, nous allons la célébrer aujourd’hui pour lui. Lui qui l’a célébré fidèlement et qui a enseigné à tant d’enfants d’aimer l’eucharistie, de l’adorer de la recevoir dignement. L’eucharistie c’est Dieu vivant au milieu de nous, c’est la source et le sommet de la vie du prêtre. Il vous a donné cette nourriture pour que vous ayez la vie en vous. Il vous a rassemblé le dimanche pour vous donner ce qu’il avait reçu : l’amour de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Il vous a accompagnés dans les grands moments de votre vie chrétienne.

Maintenant il contemple auprès de Dieu ce qu’il a cru, ce qu’il a enseigné. Il rencontre celui qu’il a connu par la foi, à qui il a donné sa vie. Et puis en cette belle fête de l’Immaculée Conception il contemple celle qu’il a aimée et priée : la Vierge Marie.

Prions pour lui et confions-le à la miséricorde de Dieu.

Père Florent Millet,
Vicaire Général du diocèse de Cahors

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