Bonne fête de Toussaint !

Il y a quelques jours, un groupe de plus de quarante pèlerins de notre diocèse a découvert les lieux où a vécu un saint hors du commun du 20° siècle. Mort il y a eu 50 ans le 23 septembre, le "padre Pio" a vécu dans une région pauvre du sud de l’Italie. Marqué par la maladie et des expériences hors du commun comme les stigmates et le don d’ubiquité, ce prêtre capucin a marqué son entourage par deux grands types d’action :
- le soin des âmes par la confession et l’accompagnement spirituel de nombreux « fils » et « filles » spirituels ;
- le soin des corps par la création d’un hospice pour les malades sans ressources qui est aujourd’hui un des hôpitaux les plus en pointe en Europe, thérapies innovantes, recherche sur les cellules souches adultes, exigences éthiques, accompagnement global des personnes, cuisine équilibrée et bio...
Cet homme très souvent contesté ou suspecté durant sa vie apparaît aujourd’hui comme un des personnages qui attire le plus les foules. Avec 7 millions de pèlerins par an à San Giovanni Rotondo. Pourtant ce fut un homme simple, sans grand raffinement, menant, si on fait abstraction de ses dons surnaturels, une vie quotidienne banale dans une communauté sans prétention. Il n’a eu de cesse que de ramener au Christ, à la vocation de chacun à la sainteté ordinaire.

Le pape François, le 19 mars dernier, signait pour nous tous une exhortation apostolique rappelant l’appel de tout homme et toute femme à la sainteté. Parmi les saints, dit le pape «  il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 Tm 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur ». Et il ajoute un peu plus loin : « J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante. C’est cela, souvent, la sainteté ’’de la porte d’à côté’’, de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu, ou, pour employer une autre expression, ’’la classe moyenne de la sainteté’’. »

Nous n’avons pas besoin de porter les stigmates pour aimer le Seigneur et accepter les difficultés de nos vies par amour, en pensant à l’amour de Jésus pour nous sur la croix. Aussi effrayant que puisse être le mystère de la souffrance du Christ, aussi incompréhensible soit le mystère du mal qui fait souffrir parfois par notre faute, la miséricorde du Seigneur —qui nous appelle tout de même à la sainteté— continue de nous réjouir. L’amour du Christ nous pousse tous les jours à aller de l’avant, à répondre généreusement à l’appel de Dieu : soyez saint car Je suis saint ! (cf. Lévitique 20,26).

Le 8 décembre, sera célébrée à Oran la béatification de 19 martyrs, victimes, au milieu du peuple algérien qu’ils aimaient, de la folie du djihadisme. Ces hommes et ces femmes sont avant tout témoins de l’amour sans limite du Christ. Dans le Lot, nous sommes spécialement attachés à la figure du père Christian de Chergé, mort à Tibhirine, dont le testament spirituel est gravé sur le mur de l’église de Saint-Michel de Bannières où il a plusieurs fois prié et célébré la messe. Cette béatification doit nous encourager à oublier toute peur pour laisser l’amour du Christ s’emparer de notre être et en rayonner dans ce monde. Répondre à la haine par l’amour peut sembler difficile, mais c’est le chemin de l’Évangile, c’est notre vocation de chrétiens.

Bonne fête de Toussaint !

Mgr Laurent Camiade
Evêque du Diocèse de Cahors

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